Colombie, entre guerre et paix

Le pape François rend visite du 6 au 11 septembre à la Colombie, grand pays catholique d’Amérique du Sud qui tente de sortir de décennies de violence.

C’est un voyage à hauts risques que le pape effectue actuellement en Colombie. Danger des attentats, en premier lieu, dans ce pays d’Amérique du Sud où, malgré l’accord de paix signé en 2016 avec les Farc, d’autres groupes de guérilla toujours actifs (comme l’ELN) et les narcotrafiquants continuent de se relayer dans l’organisation d’attaques et d’assassinats ; selon des statistiques non officielles, un policier serait tué chaque jour dans le pays. Danger, moins violent mais également redoutable : celui d’une récupération politique de ce voyage. Le contexte y est propice : la popularité du président Juan Manuel Santos, artisan des accords de paix beaucoup plus critiqués dans le pays qu’on pourrait le croire, est particulièrement basse, et ce à moins d’un an de la prochaine élection présidentielle. Face à lui, les tenants d’une politique sécuritaire « forte », opposants résolus aux accords de paix avec les Farc, ont le vent en poupe.

Dans ce contexte, l’Église locale n’a cessé, durant les mois de préparation de ce voyage, de rappeler que la visite du pape n’avait pas un caractère politique, mais avant tout religieux. François vient parler de Dieu et de foi dans ce pays de 48 millions d’habitants qui, s’il reste officiellement très majoritairement catholique, est le théâtre d’une forte o